Le « Samedi noir » 7 Octobre 2023, désormais ainsi qualifié dans les médias en Israël, marquera définitivement de la marque de l’infamie et de l’opprobre l’histoire de l’Etat d’Israël. Il y avait un « avant » le 7 Octobre ; il y aura désormais un « après » le 7 Octobre, comme il y avait un avant et un après le 11 Septembre 2001 ! Il aura fallu d’un seul jour, un seul, dès l’aube de ce Chabbat – Simhat Torah, pour que se déverse des torrents de violence inouïe, de haine et de mort, comme cette métaphore utilisée dans la parachat Noah s’agissant du déluge : « Et les vannes du ciel s’ouvrirent » ! Ce déchainement de haine aveugle, au-delà de l’horreur absolue qu’elle a provoquée, nous oblige à nous questionner, une fois de plus, sur les mobiles de ce pogrome planifié depuis des mois ou, peut-être des années.
La haine endémique d’Israël, dans sa manifestation la plus connue sous le nom « d’antisémitisme », a occupé bien des penseurs, des philosophes, des écrivains, des historiens depuis des siècles, mais sans jamais dévoiler les racines profondes du mal ; je n’ai pas la prétention d’écrire plus que ce qui l’a été déjà.
Je dirai plutôt autre chose. Sans avoir à aller chercher bien loin, je « rappellerai » ce qui est tout simplement écrit dans notre Bible et qui est donc connu de tous. Dès le moment où le peuple d’Israël quitte l’Egypte où il fut asservi, en Nissan 2448 de l’ère hébraïque, il suscite la crainte et la stupéfaction chez tous les peuples environnants, comme cela est attesté dans les écritures, clairement, comme dans l’Exode XV, v. 9 et 14. Sans lui laisser de répit, Israël est attaqué lâchement par Amalek, descendant d’Essav, comme ça, sans raison apparente, mais pour l’éliminer tout simplement. Ce peuple deviendra l’archétype de l’ennemi d’Israël, d’Edom ou Rome, jusqu’aux nazis, en passant par Haman de Suze, il y a vingt cinq siècles, au point que la Torah nous commande de l’effacer de la terre. C’est d’eux que les anti-juifs de tous bords s’inspireront en actualisant leurs arguments ou leurs théories antisémites, leurs mythes antijuifs.
Aujourd’hui, c’est l’Etat d’Israël qui est devenu « le juif parmi les nations » avec une transposition immonde que certains feignent d’ignorer. Oui ! Etre antisioniste, c’est être antisémite ! C’est cette puissance et cette réussite insolente de ce petit pays qui attisent la jalousie et la haine. Comment a-t-il pu se relever des cendres des fours crématoires ? Comment a-t-il pu se hisser aux premiers rangs des nations dans tous les domaines, infligeant des défaites mémorables à tous ses ennemis autour depuis des décennies ?
Il n’est plus question du « Protocole des Sages de Sion », de « Mein kampf » et tous les pamphlets antisémites connus, de toutes les époques, qui furent, un temps, l’actualisation des arguments anti juifs de Haman, afin de présenter une théorie scientifique, un argumentaire pseudo intellectuel où des propos sensés et polis pouvaient saisir des interlocuteurs. Point n’est besoin de s’acharner à trouver des théories proprettes pour haïr Israël : c’est devenu évident tant le débat a été politisé à outrance, ne laissant aucune place à la compréhension, sans s’embarrasser d’innovations en la matière ; la haine d’Israël se suffit à elle-même.
Les descendants de cet empire perse, sur le même territoire, l’Iran pour le nommer, ne font que reprendre cet héritage honteux en lui donnant les accents pathétiques des mollah enturbannés haineux d’Israël, qui ne rêvent que d’éliminer Israël de la surface du globe, consacrant toutes leurs ressources pour atteindre ce but. Ce genre d’ennemis veut d’abord délégitimer, désacraliser Israël, à l’instar d’Amalek originel qui, selon l’expression de nos sages dans le Midrach, « sauta dans la baignoire bouillante au risque de se bruler, juste pour démontrer à tous les peuples d’alors que l’on pouvait sans crainte attaquer et éliminer Israël ». Alors que tous les autres avaient eu peur de ce peuple protégé par son D. depuis la sortie d’Egypte et montraient des scrupules à son égard, Amalek l’attaqua pour le désacraliser, n’hésitant pas même à porter atteinte « au Trône de D. » selon le verset (Chémoth XVII v.16).
Puis, lorsque la théorie antisémite ne trouve plus d’adeptes proclamés et que la provocation devient insupportable, c’est la force qui l’emporte et la volonté incompréhensible d’en finir avec Israël. Le monde voit et entend, mais ne comprend pas, ne réalise pas le danger qui s’approche à vive allure. Comme pour Haman préférant les coulisses discrètes du pouvoir pour exposer son complot au roi, s’immisçant dans la pénombre et tissant sa toile, les dictateurs préparent leur jour de gloire contre Israël, s’armant et se surarmant dans le secret pour mettre leurs plans à exécution.